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Une fille en alsace – Le blog pour découvrir l’Alsace autrement

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Des betteraves aux lanternes, nos traditions d’automne en Alsace

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Cette année, j’ai installé mes décorations d’Halloween. Des citrouilles lumineuses, quelques personnages inquiétants et une touche alsacienne dans le décor… Mais en préparant tout ça, j’ai repensé à mon enfance : chez les sœurs de ma grand-mère, près de Haguenau, on creusait des betteraves, pas des citrouilles !
Et cette année, j’ai eu envie de creuser un peu le sujet… sans mauvais jeu de mots.

Parce qu’autour de la Toussaint, notre région a aussi ses coutumes et ses histoires à raconter. Des légumes transformés en têtes grimaçantes, des cloches qui résonnent dans les villages, des petites lumières qui accompagnent les soirées du mois de novembre…

Hopla, je t’emmène découvrir quelques traditions d’automne en Alsace, entre souvenirs de famille, mémoire et petits frissons.

Avant les citrouilles d’Halloween, mes souvenirs de betteraves

Dans mes souvenirs d’enfance, les visages que l’on sculptait à cette période avaient donc une autre forme que les citrouilles orange que l’on voit partout aujourd’hui.
Et cette coutume dépassait notre famille. Le Musée alsacien de Haguenau évoque les betteraves fourragères creusées à la période de la Toussaint. Ces légumes, cultivés pour nourrir les animaux, pouvaient aussi se transformer en personnages inquiétants.

On évidait la betterave, on lui taillait des yeux et une bouche, puis une bougie venait éclairer le visage de l’intérieur. De quoi donner une sacrée drôle de tête à un légume !

J’aime découvrir qu’un geste connu enfant, fait aussi partie de notre patrimoine. Sur le moment, on ne se pose pas forcément toutes ces questions. Et des années plus tard, une décoration aperçue devant une maison suffit à faire revenir le souvenir.

Totekopf, Rommelbootzen… comment les appelait-on chez toi ?

À Haguenau, le mot Totekopf, « tête de mort », est utilisé pour présenter cette tradition. À l’Écomusée d’Alsace, on retrouve aussi le nom Totakepfdirlipse pour les betteraves sculptées en forme de crâne.

Tu as peut-être également entendu parler des Rommelbootzen, les « betteraves grimaçantes ». Ce nom est notamment documenté en Moselle germanophone, chez nos voisins. Les mots et les habitudes changent selon les endroits : on ne les appelait pas forcément de la même façon dans tous les villages.

Chez moi, le souvenir qui m’est resté, c’est surtout le geste : creuser ces betteraves ensemble.

Une tradition qui garde une part de mystère

Pourquoi ces visages inquiétants ? Les présentations patrimoniales les rattachent aux croyances d’automne et à la période du souvenir des défunts. Mais leur calendrier pouvait varier : l’Écomusée évoque également des esprits de navets associés à la Saint-Martin.

Difficile, donc, de donner une seule explication à toutes ces têtes sculptées ou une date de naissance précise à la coutume.

Ce que l’on peut retenir, c’est que les légumes creusés font bien partie des traditions connues chez nous. Et les citrouilles d’Halloween nous offrent une belle occasion de reparler de nos betteraves !

Et les coloquintes dans nos décors d’automne ?

À côté des betteraves creusées, il y a aussi ces petites courges que l’on aime disposer sur les tables et les rebords de fenêtre : les coloquintes ! Rayées, bosselées, jaunes, vertes ou orangées, elles ont parfois de sacrées bouilles sans même avoir besoin de les sculpter.

Cette habitude de décoration dépasse largement l’Alsace, mais elle trouve aussi sa place chez nous. Quelques coloquintes, des feuilles ramassées en balade… et voilà un petit coin de la maison aux couleurs de l’automne !

Samain : les racines celtiques des nuits d’automne

Impossible de s’intéresser à Halloween sans croiser le nom de Samain, aussi écrit Samhain. Cette ancienne fête celtique, notamment connue à travers les traditions irlandaises, marquait l’entrée dans l’hiver autour du 1er novembre. Les célébrations commençaient dès la veille.

Dans les croyances qui entouraient cette nuit, les esprits pouvaient se manifester et les âmes des défunts revenir dans les maisons. Une période où le monde des vivants et celui des morts semblaient se rapprocher… De quoi nourrir bien des histoires à la nuit tombée !

Et chez nous, en Alsace ? Certains récits rapprochent Samain des coutumes locales et évoquent les Triboques, installés dans la plaine du Rhin. L’idée intrigue, mais les sources que j’ai consultées ne permettent pas d’affirmer qu’ils célébraient cette fête, ni que nos betteraves creusées en descendent directement.

J’aime découvrir ces échos entre les cultures : les nuits qui s’allongent, les petites lumières et la place donnée aux absents. Cela donne envie d’en savoir plus, même quand on ne peut pas relier tous les fils.

Pour les betteraves de mon enfance, je garde donc ce que je peux raconter avec certitude : ce souvenir près de Haguenau, et une coutume bien connue dans notre région.

Àllerheilige : la Toussaint et le souvenir de nos proches

Revenons en Alsace avec un mot que tu as peut-être déjà entendu dans ta famille : Àllerheilige, la Toussaint.
Dans le calendrier catholique, le 1er novembre célèbre tous les saints. Le lendemain, le 2 novembre, est consacré aux défunts : Àllerseele, littéralement « toutes les âmes ».

Dans les habitudes, on profite souvent du 1er novembre pour aller au cimetière, entretenir les tombes et y déposer des fleurs. Le cimetière, tu l’entendras notamment appeler Kirichhof dans certaines variantes de l’alsacien. Comme souvent chez nous, les mots et leur prononciation changent d’un coin de la région à l’autre !

Ces gestes du souvenir existent bien au-delà de l’Alsace. Mais ils prennent une dimension très personnelle quand on pense à son village, à sa famille et aux personnes qui nous manquent.

Dans le Sundgau, les cloches et le partage

En préparant cet article, j’ai découvert un récit publié par l’Écomusée d’Alsace, d’après un témoignage de Froeningen.

Il raconte qu’autrefois, dans le Sundgau, les cloches sonnaient le soir de la Toussaint, pendant que l’on récitait le chapelet dans les maisons. À Froeningen, les enfants de chœur se chargeaient de la sonnerie ; à Hochstatt, c’étaient les conscrits.
Les servants de messe faisaient ensuite le tour du village, avec notamment une lanterne et une cruche. Les habitants donnaient de l’argent ou de la boisson, puis la collecte se prolongeait autour de pain et de munster.

Ce qui me touche dans cette histoire, c’est cette façon de vivre le souvenir ensemble. Il y avait la prière, mais aussi les portes auxquelles on frappait et le repas que l’on partageait. Ce témoignage raconte une coutume locale. Toutes les familles alsaciennes ne vivaient évidemment pas la Toussaint de la même manière.
Et c’est aussi ce qui donne envie de recueillir les souvenirs, village par village.

Une petite place pour les sorcières… les Hexe !

Puisqu’on parle de nuits mystérieuses, difficile de ne pas penser aux sorcières ! E Hex, c’est une sorcière en alsacien.

Je t’en ai déjà parlé autour du carnaval. On est à un autre moment de l’année, mais l’automne me donne aussi envie de retrouver ces personnages et les histoires qui les entourent.

Si tu veux prolonger cette parenthèse, je t’invite à découvrir mon article sur les sorcières en Alsace.

Un petit détour dans l’imaginaire, en gardant bien à l’esprit que les traditions de carnaval et celles de la Toussaint ont chacune leur calendrier. Mais pour se raconter des histoires qui donnent des frissons, avoue qu’une soirée d’automne se prête plutôt bien au jeu !

Le 11 novembre, les lanternes de la Saint-Martin

Quelques jours après la Toussaint arrive une autre fête dont j’avais entendu parler, sans l’avoir connue enfant : la Saint-Martin.

Je l’associais plutôt à la période de Noël. Eh bien, elle se fête le 11 novembre ! Les marches aux lanternes peuvent être organisées le jour même, la veille ou à une date proche.

Dans certaines communes alsaciennes, les enfants se retrouvent à la nuit tombée avec leurs lampions. À Wangen, par exemple, ils accompagnent saint Martin à cheval, avec des lanternes fabriquées en classe et des chansons. Près de Haguenau, Niederschaeffolsheim a également accueilli une marche aux lampions.

Au cœur de cette fête, on retrouve le récit de Martin partageant son manteau avec un homme démuni. Une histoire de générosité transmise aux enfants à travers ces rendez-vous.

Les betteraves creusées et les lanternes de la Saint-Martin appartiennent à des coutumes différentes. Mais découvrir ces petites lumières dans les rues de nos villages me donne envie de prolonger l’exploration.

Et toi, quels sont tes souvenirs d’automne en Alsace ?

Pour moi, tout est parti de ces betteraves creusées chez les sœurs de ma grand-mère, près de Haguenau.

Un souvenir d’enfance, et voilà que l’on se retrouve à parler de mots alsaciens, de cloches, de lanternes et de transmission. C’est aussi ça que j’aime partager ici : les petites histoires qui donnent envie de regarder notre région d’un peu plus près.

On peut aimer les citrouilles et les déguisements d’Halloween, tout en faisant une place aux souvenirs de chez nous. Et pourquoi pas profiter de cette période pour demander aux parents, aux grands-parents ou aux voisins ce dont ils se souviennent ?

Tu as connu les betteraves creusées, toi aussi ? Tu participais aux marches de la Saint-Martin ? Et comment appelait-on tout ça chez toi ?

Raconte-moi tout ça, en précisant ton village ou ton coin d’Alsace. Je suis curieuse de découvrir tes souvenirs… et les mots qui vont avec.

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